Aller au contenu
LOKAMBE REPUBLICLOKAMBE REPUBLIC
Tous les articles

Restauration

Maîtriser son coût matière, plat par plat

Une salle pleine ne garantit rien. Tant que le coût matière de chaque plat n’est pas connu, la rentabilité d’un restaurant reste une hypothèse.

L’équipe LOKAMBE6 min de lectureArticle d’exemple
Cuisinier dressant une assiette en cuisine

Article d’exemple. Ce texte illustre la ligne éditoriale du blog LOKAMBE : il ne décrit ni une opération, ni une entreprise financée par le fonds.

La restauration est un métier à faible marge et à forte rotation : les erreurs ne se voient pas tout de suite, elles s’accumulent. Un restaurant peut servir cent couverts par jour et perdre de l’argent sur la moitié de sa carte sans que personne s’en aperçoive avant la fin du trimestre.

L’outil qui évite cela tient en une page par plat : la fiche technique. Elle liste les ingrédients d’une portion, leur quantité exacte et leur coût. Additionnés, ces coûts donnent le coût matière du plat, que l’on rapporte au prix de vente.

Construire une fiche technique en une heure

  1. Pesez les ingrédients d’une portion réelle, telle qu’elle sort en salle — pas la recette théorique.
  2. Notez le prix d’achat de chaque ingrédient à l’unité de mesure utilisée : le kilo, le litre, la pièce.
  3. Tenez compte des pertes : parures, épluchures, os, réduction à la cuisson. Un poisson acheté entier ne se sert jamais entier.
  4. Additionnez, puis divisez le coût matière obtenu par le prix de vente hors taxes pour obtenir le ratio.

Illustration : 180 grammes de viande à 12 000 le kilo représentent 2 160 ; ajoutez 400 d’accompagnement, 300 de sauce et 150 d’huile et d’assaisonnement, vous obtenez un coût matière d’environ 3 010. Vendu 9 000, ce plat affiche un ratio matière d’environ 33 %.

Lire le ratio sans se raconter d’histoires

Le ratio matière acceptable dépend du positionnement, du niveau de service et des charges fixes. Il n’existe pas de valeur universelle : ce qui compte, c’est de fixer votre seuil, plat par plat, et de constater les écarts. Un plat dont le ratio dépasse largement votre cible a trois issues possibles : revoir la portion, renégocier l’ingrédient qui pèse le plus, ou ajuster le prix.

La quatrième issue, la plus difficile, consiste à retirer le plat de la carte. Une carte de quarante références produit mécaniquement du gaspillage, des ruptures et des achats dispersés. Les cartes courtes coûtent moins cher à produire et se vendent mieux.

Ce n’est pas la salle pleine qui fait la rentabilité d’un restaurant, c’est l’écart entre le coût matière et le prix de vente, répété à chaque assiette.

Les fuites les plus fréquentes

  • Les portions non pesées : sans balance en cuisine, l’écart entre deux services atteint facilement 15 %.
  • Les repas du personnel non comptabilisés, qui disparaissent du stock sans apparaître nulle part.
  • Les offerts commerciaux non enregistrés : la tournée offerte est une charge, pas un geste gratuit.
  • Les achats de dépannage au détail, systématiquement plus chers que les achats planifiés.
  • Les pertes de conservation liées aux coupures d’électricité, à anticiper dans le plan d’achat plutôt qu’à subir.

Ce que le suivi rend possible

Un inventaire hebdomadaire des dix produits les plus coûteux, comparé aux ventes de la semaine, suffit à détecter une dérive avant qu’elle ne devienne une perte. C’est aussi le document qui rend un projet de restaurant finançable : sans coût matière connu, aucune projection de rentabilité n’est vérifiable, et aucun financeur ne s’engage sur une hypothèse.

Continuer la lecture

Derniers articles